
L'Erythrée demande au Conseil de sécurité de l'ONU de condamner la « déclaration de guerre » de l'Ethiopie
L'Ethiopie avait, la veille, accusé l'Erythrée, qui a déployé ces derniers jours des troupes dans le Nord éthiopien, « d'agression flagrante », dans une nouvelle escalade verbale entre les deux voisins, qui augmente le risque d'une guerre ouverte.
L'Erythrée a demandé, samedi 10 octobre, au Conseil de sécurité des Nations unies de « condamner fermement la déclaration de guerre déplorable de l'Ethiopie » à son encontre, avertissant notamment qu'elle « déstabilisera[it] la région tout entière ».
L'Ethiopie avait, la veille, accusé l'Erythrée, qui a déployé ces derniers jours des troupes dans le Nord éthiopien, « d'agression flagrante », dans une nouvelle escalade verbale entre les deux voisins qui augmente le risque d'une guerre ouverte. Le ministre des affaires étrangères érythréen, Osman Saleh, a, dans une lettre, également demandé au Conseil de sécurité de « prendre les mesures dissuasives qui s'imposent ».
L'Erythrée a acquis son indépendance de l'Ethiopie en 1993 après des décennies de lutte armée. Les deux voisins se sont ensuite affrontés, sur fond de différends territoriaux, lors d'une guerre sanglante entre 1998 et 2000 qui a fait des dizaines de milliers de morts.
Les relations s'étaient réchauffées après l'arrivée au pouvoir en 2018 du premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, mais sont de nouveau acrimonieuses depuis plusieurs années, les deux parties s'accusant de tentatives de déstabilisation. Pour l'Erythrée, son voisin lorgne son port d'Assab, Abiy Ahmed répétant que son pays enclavé doit avoir un accès à la mer.
Reprise des combats
Cette escalade verbale intervient plus de deux semaines après la reprise des combats dans le nord de l'Ethiopie, opposant notamment les forces du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), formation politique qui dirigeait de fait l'Etat régional du Tigré depuis avril, à l'armée fédérale éthiopienne. L'Ethiopie accuse depuis plusieurs mois l'Erythrée de soutenir les rebelles du TPLF. Les combattants du TPLF avaient déjà affronté les forces gouvernementales éthiopiennes, à l'époque soutenues par l'Erythrée, lors d'une guerre dévastatrice entre 2020 et 2022 qui avait fait au moins 600 000 morts.
L'Ethiopie avait également dénoncé, le 1er octobre, des actes « d'hostilités et de belligérance » de son voisin, entraînant la rupture de leurs relations diplomatiques.
Depuis plusieurs jours, entre 5 000 et 8 000 soldats érythréens sont présents au Tigré, dans le nord de l'Ethiopie, selon une source sécuritaire étrangère. Les forces fédérales éthiopiennes ont utilisé contre eux leurs drones dans la nuit de mercredi à jeudi, à Adigrat, ville située à environ 40 kilomètres de route au sud de la frontière de l'Erythrée, et les forces érythréennes se sont repliées plus au nord. Interrogées par l'Agence France-Presse, les autorités éthiopiennes n'ont, pour l'heure, pas donné suite.






