Dakar, vendredi 9 octobre 2026
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Disons la vérité : c'est Dieu qui nous a créés…

SociétéPublié le 09/10/2026 à 14:48par Saidou SARR27 vuesaucun commentaireLire cet article en pulaar

« Dieu nous a créés différents, avec des aptitudes qui nous permettent d'être utiles les uns aux autres. » C'est ce qui explique la diversité des points de vue. Les croyants acceptent les œuvres de Dieu et continuent de Le louer à leur manière. Cette acceptation les éloigne du doute et leur évite de s'attarder sur des questions auxquelles ils ne sauraient trouver de réponse.

« Dieu nous a créés différents, avec des aptitudes qui nous permettent d'être utiles les uns aux autres. » C'est ce qui explique la diversité des points de vue. Les croyants acceptent les œuvres de Dieu et continuent de Le louer à leur manière. Cette acceptation les éloigne du doute et leur évite de s'attarder sur des questions auxquelles ils ne sauraient trouver de réponse.

Il ne fait aucun doute que cette diversité existe entre les personnes, mais aussi au sein des associations et des partis politiques. D'ailleurs, les partis politiques de notre pays se sont souvent constitués de la même manière que les associations : une personne conçoit une idée, fonde une organisation, y consacre son énergie, ses biens, ses réflexions et ses moyens, puis invite d'autres personnes à la rejoindre. Il arrive aussi que des personnes qui adhèrent à cette idée s'y rallient spontanément, sans avoir été sollicitées.

Cependant, certains dirigeants traitent les associations ou les partis qu'ils dirigent comme un héritage reçu de leurs parents. Une telle attitude est en contradiction avec leurs propres discours. Les partis politiques, particulièrement ceux de l'opposition, réclament souvent « l'alternance, faute de quoi la démocratie est menacée ». Autrement dit, ils demandent « que la Constitution soit respectée ».

Dans ces conditions, gouverner un pays devrait ressembler à ce que les éleveurs appellent le waraango, un système de rotation : la part de lait qui vous revient aujourd'hui ne vous revient pas nécessairement demain.

Pour mieux comprendre cette idée, les dirigeants de nos pays devraient méditer les propos de l'ancien président du Mali, Alpha Oumar Konaré. Au terme de ses deux mandats, certains lui avaient demandé « de modifier la Constitution afin de pouvoir être élu une troisième fois ». Il leur avait répondu : « Non, je ne suis pas le seul à être capable de diriger. Il faut donner à d'autres enfants du pays la possibilité d'exercer des responsabilités et d'apporter leur contribution à son développement. »

Voilà une attitude devenue bien rare chez les dirigeants de nos pays. Quiconque accède au pouvoir finit par le considérer comme sa propriété.

Le problème est que certains acteurs politiques refusent d'appliquer cette alternance au sein de leurs propres partis. C'est pourquoi, dans certaines formations, les dirigeants en place depuis des décennies sont encore à leur tête aujourd'hui. Et tout laisse penser qu'ils entendent y rester aussi longtemps que possible, car personne n'ose proposer : « Changeons de direction. »

À cet égard, je pense que les partis Tawassoul et AJD/MR méritent d'être salués, car ils ont renouvelé leurs dirigeants, même si cela ne s'est pas fait sans difficultés. D'autres partis l'ont certainement fait aussi ; ils méritent également d'être félicités et encouragés. Car demander au président de la République de partir à la fin de son mandat, tout en refusant soi-même de quitter la tête de son parti, c'est se contredire.

Ce qui est regrettable, c'est qu'au moment où certains partis renouvellent leurs dirigeants pour respecter les principes démocratiques, d'autres se divisent à cause des rivalités pour leur direction. Cela fait sans aucun doute partie de ce qui freine le pays. Ces querelles affaiblissent l'opposition et lui font perdre le respect et la considération du pouvoir. Nous oublions aussi parfois qu'« une personne peut contribuer à la vie de son pays sans nécessairement être à sa tête ».

Mais l'attrait du pouvoir est si fort que ceux qui le convoitent acceptent difficilement d'entendre de tels propos, et moins encore de s'en convaincre. Comme le dit le proverbe pulaar : « Celui qui te demande de te laver souhaite que tu sois propre. Mais son conseil sera plus facilement compris et accepté s'il s'est lui-même lavé et est déjà propre. »

Il est vrai que le dirigeant d'un pays doit respecter la Constitution et s'en tenir aux deux mandats autorisés. Mais celui qui le lui demande doit également respecter les règles que son propre parti s'est données en la matière.

Qu'Allah nous accorde la capacité d'écouter, de comprendre et d'agir utilement.

Malal Sammba Gise

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