
Éthiopie : L'armée fédérale reprend le contrôle de Zalambessa, près de la frontière érythréenne, sur fond de fortes tensions militaires
La situation sécuritaire demeure préoccupante dans le nord de l'Éthiopie. L'armée fédérale éthiopienne, engagée depuis plusieurs jours dans une contre-offensive contre les forces rebelles du Tigré, a repris le contrôle de Zalambessa, une ville stratégique située à la frontière avec l'Érythrée. Cette avancée militaire intervient dans un contexte de tensions grandissantes entre Addis-Abeba et Asmara, les deux capitales s'accusant mutuellement d'actes susceptibles de provoquer un nouveau conflit régional.
L'armée éthiopienne progresse dans la région du Tigré
Après plusieurs jours d'opérations militaires, les forces fédérales éthiopiennes poursuivent leur progression dans le nord du pays, où de nouveaux affrontements les opposent aux combattants tigréens liés au Front populaire de libération du Tigré (TPLF).
Selon les informations rapportées par plusieurs observateurs du conflit, les troupes gouvernementales, appuyées par leurs alliés locaux, ont repris le contrôle de plusieurs localités auparavant occupées par les forces rebelles.
Parmi ces avancées figure la ville de Zalambessa, un important poste frontalier reliant l'Éthiopie à l'Érythrée.
D'après l'organisation ACLED, spécialisée dans l'analyse des conflits armés, les forces gouvernementales ont pris le contrôle de Zalambessa et de Fatsi le 12 octobre 2026, après le retrait des combattants tigréens.
Cette progression permet à l'armée éthiopienne de renforcer sa présence sur un axe stratégique du nord du pays.
Les troupes érythréennes se retirent de la zone frontalière
La reprise de Zalambessa intervient alors que des soldats érythréens avaient été signalés dans plusieurs secteurs du Tigré.
Selon ACLED, les forces érythréennes présentes sur l'axe Zalambessa-Fatsi se sont retirées vers leur territoire le 12 octobre, avant l'arrivée des troupes fédérales.
Cette situation aurait permis aux militaires éthiopiens de prendre position dans la ville sans affrontement majeur au moment de leur entrée.
Cependant, ce retrait localisé ne signifie pas nécessairement la fin de la présence militaire érythréenne dans l'ensemble de la région.
Des sources sécuritaires évoquent encore la présence de plusieurs milliers de soldats érythréens dans certains secteurs du Tigré, même si leur nombre exact et leurs positions restent difficiles à confirmer de manière indépendante.
Addis-Abeba et Asmara s'accusent mutuellement
Les tensions entre l'Éthiopie et l'Érythrée se sont fortement aggravées ces derniers jours.
Le gouvernement éthiopien accuse son voisin d'avoir fait pénétrer des unités militaires jusqu'à une soixantaine de kilomètres à l'intérieur de son territoire.
Des accusations fermement rejetées par les autorités érythréennes, qui dénoncent de leur côté les ambitions territoriales prêtées à Addis-Abeba.
Le gouvernement d'Asmara a également sollicité l'intervention des Nations unies face à cette escalade.
Ces désaccords ravivent les inquiétudes concernant la stabilité de la Corne de l'Afrique, une région déjà fragilisée par plusieurs années de conflits.
L'accès à la mer Rouge au cœur des tensions
Au-delà des opérations militaires dans le Tigré, les relations entre les deux pays restent marquées par la question de l'accès de l'Éthiopie à la mer Rouge.
Privée d'accès direct à la mer depuis l'indépendance de l'Érythrée en 1993, l'Éthiopie considère les débouchés maritimes comme un enjeu majeur pour son développement économique.
Toutefois, les déclarations des autorités éthiopiennes sur cette question suscitent de fortes inquiétudes à Asmara, qui redoute une remise en cause de sa souveraineté territoriale.
Dans ce contexte, la progression des troupes fédérales jusqu'à Zalambessa soulève une interrogation importante : l'armée éthiopienne restera-t-elle en position défensive à la frontière ou les tensions pourraient-elles entraîner une extension des opérations militaires ?
À ce stade, aucune décision officielle confirmant une offensive éthiopienne sur le territoire érythréen n'a été établie.
Le risque d'un nouveau conflit régional inquiète
La reprise des affrontements dans le Tigré fait craindre une nouvelle déstabilisation de la région, quelques années seulement après la guerre dévastatrice qui a opposé les forces fédérales éthiopiennes aux combattants tigréens entre 2020 et 2022.
Malgré l'accord de paix signé en novembre 2022, les tensions politiques et militaires n'ont pas totalement disparu.
Les nouveaux combats, les mouvements de troupes et les accusations échangées entre l'Éthiopie et l'Érythrée renforcent aujourd'hui les préoccupations des observateurs internationaux.
Pour les populations civiles, cette instabilité représente également une menace supplémentaire, notamment en matière de sécurité, d'accès aux soins, d'approvisionnement et de déplacements.
La reprise de Zalambessa marque ainsi une nouvelle étape dans la contre-offensive des forces fédérales éthiopiennes. Mais au-delà de cette avancée militaire, l'enjeu reste d'éviter que les affrontements dans le Tigré ne débouchent sur une confrontation directe et prolongée entre l'Éthiopie et l'Érythrée.
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