Cyberattaque contre Avia : Une élève de Terminale arrêtée après avoir reçu 1,8 million FCFA, plus de 1 200 comptes piratés
Une vaste affaire de cybercriminalité secoue le secteur des services financiers numériques au Sénégal. Une jeune femme de 22 ans, élève en classe de Terminale dans un établissement privé de la Zone B à Dakar, a été interpellée par la Division spéciale de cybersécurité (DSC). Elle est soupçonnée d'avoir bénéficié d'un transfert de 1,8 million de francs CFA provenant d'opérations frauduleuses liées à une cyberattaque contre la plateforme Avia, exploitée par GSIE Technology pour le compte de l'institution de microfinance ACEP. Selon le quotidien Libération, les investigations ont révélé la compromission de 1 219 comptes clients et des détournements de fonds dépassant 11 millions de francs CFA.
Une lycéenne au cœur d'une enquête pour cybercriminalité
L'affaire a pris une nouvelle dimension avec l'interpellation d'A. A. Diop, une jeune femme de 22 ans poursuivant ses études en classe de Terminale dans un lycée privé de Dakar.
Selon les informations rapportées par le quotidien Libération, les enquêteurs de la Division spéciale de cybersécurité ont identifié la lycéenne parmi les personnes ayant reçu des fonds dans le cadre des opérations financières suspectes.
Les investigations ont notamment permis de relever un transfert de 1,8 million de francs CFA à son profit.
Interrogée sur l'origine de cet argent, la jeune femme aurait déclaré avoir reçu un appel téléphonique d'une personne se trouvant en Côte d'Ivoire.
D'après ses explications, cet interlocuteur lui aurait demandé de retirer la somme transférée, en contrepartie d'une commission de 200 000 francs CFA.
Toutefois, selon le journal, elle n'aurait fourni aucun élément permettant aux enquêteurs de vérifier cette version.
À ce stade, son rôle exact dans le réseau présumé reste à déterminer.
Une faille informatique exploitée pour accéder aux comptes clients
L'enquête a également permis de reconstituer certaines étapes de la cyberattaque visant la plateforme de services financiers numériques Avia.
D'après les informations publiées, les faits ont débuté les 12 et 13 septembre 2026, lorsque des cybercriminels ont exploité une vulnérabilité informatique dans le système.
Les auteurs présumés auraient installé des programmes malveillants appelés « web shells », permettant d'accéder à distance à certaines fonctionnalités d'un serveur compromis.
Grâce à cette intrusion, ils auraient récupéré des informations confidentielles, notamment des identifiants et des mots de passe appartenant à des utilisateurs de la plateforme.
Ces données auraient ensuite été utilisées pour accéder frauduleusement à 1 219 comptes clients, compromettant ainsi la sécurité de nombreuses opérations financières.
Plus de 168 millions de FCFA visés par les cybercriminels
Les investigations ont également révélé l'ampleur des opérations financières entreprises à la suite de cette intrusion.
Le 23 septembre 2026, les auteurs présumés auraient créé 39 portefeuilles électroniques fictifs pour faciliter les mouvements de fonds.
Ils auraient ensuite initié 842 transferts à partir de 35 comptes clients, pour un montant total de 168 200 500 francs CFA.
Toutefois, selon les informations rapportées, ces transferts n'auraient pas permis aux cybercriminels de retirer effectivement les sommes concernées.
En revanche, d'autres opérations auraient abouti.
Les enquêteurs ont identifié 79 virements instantanés effectués vers huit portefeuilles Orange Money.
Ces transactions auraient entraîné un préjudice financier estimé à plus de 11 millions de francs CFA.
La Division spéciale de cybersécurité poursuit ses investigations
Face à l'ampleur de cette affaire, les enquêteurs cherchent désormais à identifier l'ensemble des personnes impliquées dans la préparation et l'exécution des opérations frauduleuses.
Les investigations portent notamment sur les auteurs de l'intrusion informatique, les bénéficiaires des transferts et les éventuels intermédiaires chargés de retirer ou de redistribuer les fonds.
L'exploitation des traces numériques et des transactions financières devrait permettre de mieux comprendre le fonctionnement du réseau présumé.
Concernant la lycéenne interpellée, les enquêteurs devront déterminer si elle avait connaissance de l'origine frauduleuse des fonds reçus et si elle a participé volontairement aux opérations dénoncées.
Elle bénéficie, à ce stade, de la présomption d'innocence.
Une affaire qui relance les préoccupations sur la sécurité des services financiers numériques
Cette cyberattaque met en évidence les risques auxquels sont exposées les plateformes de paiement et les institutions financières dans un contexte de développement rapide des services numériques.
Avec la multiplication des transactions électroniques et des solutions de mobile money, la protection des données personnelles et des comptes clients constitue un enjeu essentiel.
Les spécialistes recommandent notamment le renforcement des systèmes de sécurité, la surveillance des transactions inhabituelles et la sensibilisation des utilisateurs aux tentatives de fraude.
Pour les particuliers, il reste important de ne jamais communiquer ses identifiants de connexion et de se méfier des propositions consistant à recevoir ou retirer de l'argent pour le compte d'inconnus en échange d'une commission.
L'affaire Avia, qui porte sur plus de 168 millions de francs CFA de transferts frauduleux tentés et plus de 11 millions de francs CFA effectivement détournés selon les premières investigations, illustre l'ampleur que peuvent prendre les attaques informatiques contre les services financiers.
L'enquête se poursuit afin d'identifier les responsables et de déterminer les circonstances exactes de cette opération.
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