
Louga : Arrêté avec un kilogramme de chanvre indien, « Ngathi Fall » condamné à un an de prison ferme
Le tribunal d'instance de Louga a condamné Cheikh Ndiaye, plus connu sous le surnom de « Ngathi Fall », à une peine d'un an de prison ferme pour détention de chanvre indien. Interpellé après la découverte d'un kilogramme de drogue à son domicile, ce gardien de maison a multiplié les explications contradictoires au cours de la procédure judiciaire. Initialement poursuivi pour trafic de stupéfiants, il a finalement bénéficié d'une requalification des faits grâce aux arguments développés par son avocat.
L'affaire a été jugée le vendredi 9 octobre 2026 devant le tribunal d'instance de Louga. Elle concerne un homme exerçant le métier de gardien de maison, arrêté à la suite d'une intervention des éléments de la gendarmerie.
Selon les informations rapportées par le quotidien judiciaire, tout est parti d'un renseignement anonyme signalant la présence présumée de stupéfiants au domicile du mis en cause.
Alertés, les gendarmes ont organisé une opération de contrôle à l'adresse indiquée. La perquisition effectuée sur les lieux a permis la découverte d'un paquet contenant exactement un kilogramme de chanvre indien.
Cette saisie a conduit à l'interpellation de Cheikh Ndiaye, qui a ensuite été conduit à la brigade pour les besoins de l'enquête.
Des déclarations contradictoires qui irritent le juge
Au cours de son audition devant les enquêteurs, le suspect aurait d'abord reconnu être en possession de la drogue.
Il aurait notamment expliqué avoir acheté le kilogramme de chanvre indien dans la localité de Bayakh, pour un montant de 90 000 francs CFA.
Cependant, cette première version a changé au fil de la procédure judiciaire.
Présenté devant le juge d'instruction, Cheikh Ndiaye aurait cette fois affirmé qu'une femme avait pénétré dans son domicile pour y déposer le paquet à son insu.
Une explication différente de ses premières déclarations, qui a soulevé des interrogations sur les circonstances réelles de la découverte des stupéfiants.
Lors de son passage devant le tribunal, le prévenu a présenté une troisième version des faits. Il a déclaré qu'un ressortissant guinéen, appartenant à la communauté soussou, lui aurait confié le sac avant de disparaître.
Ces changements successifs ont provoqué l'agacement du président du tribunal, qui a rappelé au prévenu les différentes déclarations faites depuis son arrestation.
Face à ces contradictions, le magistrat a cherché à obtenir des explications sur l'origine de la drogue et les conditions dans lesquelles elle s'était retrouvée au domicile du gardien.
Son avocat conteste les accusations de trafic de drogue
Pour assurer sa défense, Cheikh Ndiaye était assisté de Me Mané, qui a principalement concentré son argumentation sur l'absence d'éléments matériels permettant d'établir une activité de trafic de stupéfiants.
L'avocat a souligné que les enquêteurs n'avaient découvert au domicile de son client aucun équipement habituellement associé à la commercialisation de drogue.
Aucune balance de pesage, aucun matériel de conditionnement et aucune somme d'argent suspecte n'auraient été saisis lors de la perquisition.
La défense a également fait valoir que les investigations n'avaient pas permis d'établir l'existence de relations entre le prévenu et un éventuel réseau de distribution de stupéfiants.
Pour Me Mané, ces éléments ne permettaient pas de retenir avec certitude l'accusation initiale de trafic.
L'avocat a ainsi demandé au tribunal de requalifier les faits en simple détention de chanvre indien, une infraction distincte du trafic de stupéfiants.
Le témoignage de son employeuse pris en compte
Au cours des débats, la défense a également insisté sur la situation personnelle du prévenu.
Me Mané a rappelé que son client n'avait pas d'antécédents judiciaires connus et qu'il exerçait une activité professionnelle en tant que gardien de maison.
L'avocat s'est aussi appuyé sur le témoignage favorable de l'employeuse de Cheikh Ndiaye, qui aurait décrit son comportement de manière positive.
Ces arguments ont été présentés afin d'obtenir une appréciation moins sévère des faits reprochés au prévenu.
Le tribunal a finalement retenu la qualification de détention de stupéfiants, écartant celle de trafic initialement envisagée.
Une condamnation à douze mois de prison sans sursis
Après avoir examiné les éléments du dossier et entendu les arguments des différentes parties, le tribunal d'instance de Louga a rendu sa décision le vendredi 9 octobre 2026.
Cheikh Ndiaye, alias « Ngathi Fall », a été condamné à une peine d'un an de prison ferme pour détention de chanvre indien.
Si la défense a obtenu la requalification des faits, le tribunal n'a pas accordé de sursis au prévenu.
Cette décision signifie que le gardien devra purger une peine privative de liberté de douze mois, sous réserve des voies de recours éventuelles et des règles applicables à l'exécution de sa peine.
Cette affaire illustre l'importance des éléments matériels dans la qualification des infractions liées aux stupéfiants. Elle montre également que des déclarations contradictoires peuvent fragiliser la défense d'un prévenu sans pour autant suffire, à elles seules, à établir une accusation de trafic.
À Louga, ce dossier judiciaire se termine donc, en première instance, par une condamnation à une année d'emprisonnement ferme, après plusieurs versions présentées par le mis en cause pour expliquer la présence de drogue à son domicile.
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