TGI Mbour : une jeune commerçante condamnée à six mois avec sursis pour avortement
Poursuivie pour avoir eu recours à des médicaments abortifs, R. N., commerçante, a été condamnée à six mois d'emprisonnement avec sursis. À la barre du tribunal de grande instance de Mbour, la jeune femme est revenue sur les circonstances qui l'ont poussée à agir, tandis que son avocat a plaidé la clémence en évoquant le poids de la stigmatisation sociale.
La jeune commerçante qui comparaissait à l'audience des flagrants délits a expliqué avoir été déboussolée et ne pas savoir vers qui se tourner pour parler de ses difficultés.
Dans cette situation de détresse, elle a eu recours à des médicaments abortifs. Une décision qui aurait pu lui coûter la vie. Les membres de sa famille l'ont en effet retrouvée inconsciente après la prise des produits.
Face à elle, le président du tribunal a insisté sur les risques liés à l'utilisation de médicaments abortifs :« Est-ce que vous savez les dangers que cela comporte ? Vous pouviez même y perdre la vie », lui a-t-il fait remarquer. Le président a également appelé la prévenue à mesurer les conséquences de ses actes.
Dans ses réquisitions, le procureur a estimé que la prévenue devait assumer les conséquences de son acte : « Il fallait assumer. La solution, ce n'est pas d'ôter une vie », a-t-il déclaré.
Au cours de l'audience, la question de la pression familiale et sociale autour des grossesses hors mariage a également été évoquée. Le tribunal a notamment appelé les jeunes confrontés à une telle situation à se rapprocher de leurs parents et de leur entourage.
Son conseil, Me Omar Faty, a mis en avant le contexte social dans lequel les faits se sont produits : « L'enfer, c'est les autres », a déclaré l'avocat, évoquant le poids des us et coutumes et la stigmatisation dont peuvent être victimes les personnes qui conçoivent un enfant hors mariage.
Selon Me Faty, sa cliente était confrontée à une situation de grande détresse. Il a présenté sa cliente comme « une dame meurtrie et affectée » qui « regrette » son geste.
La défense a ainsi demandé au tribunal de tenir compte de son état et des circonstances entourant les faits : « Nous implorons le pardon. Donnez-lui une application extrêmement bienveillante de la loi », a plaidé l'avocat.
Le Président d'audience a finalement condamné R. N. à six mois d'emprisonnement avec sursis.

