
Cancer du sein au Sénégal : Derrière la gratuité de la chimiothérapie, des coûts élevés qui poussent des femmes à renoncer aux soins
Au Sénégal, la gratuité de la chimiothérapie représente une avancée importante dans la lutte contre le cancer du sein. Pourtant, de nombreuses femmes continuent de rencontrer d'importantes difficultés financières pour accéder aux traitements. Entre les consultations médicales, la mammographie, la biopsie, les analyses spécialisées et les frais de déplacement, la prise en charge peut coûter plusieurs centaines de milliers, voire plus d'un million de francs CFA. Une situation préoccupante qui pousse certaines patientes à retarder leurs soins ou à y renoncer, faute de moyens financiers.
Des examens médicaux qui coûtent plusieurs centaines de milliers de FCFA
Selon le docteur Salif Baldé, oncologue médical, le parcours d'une femme suspectée d'être atteinte d'un cancer du sein commence généralement par une série d'examens indispensables.
Une consultation médicale peut coûter entre 2 000 et 5 000 FCFA, tandis qu'une mammographie est estimée à 15 000 FCFA, une biopsie à 25 000 FCFA et une analyse anatomopathologique à 25 000 FCFA.
D'autres examens peuvent être nécessaires, notamment l'immunohistochimie, estimée à 60 000 FCFA, ou un scanner pouvant atteindre 120 000 FCFA.
Au total, le coût du diagnostic et du bilan médical préalable au traitement peut atteindre environ 307 000 FCFA, selon l'estimation présentée par le spécialiste. Ces montants varient toutefois selon les établissements et les besoins de chaque patiente.
Une chimiothérapie gratuite, mais un parcours de soins toujours coûteux
Si les médicaments de chimiothérapie bénéficient d'un dispositif de prise en charge, les examens, les consultations et certains traitements complémentaires peuvent rester à la charge des malades.
Le docteur Fallou Sall, oncologue radiothérapeute à l'hôpital Cheikh Ahmadoul Khadim de Touba, souligne que les dépenses globales peuvent atteindre 1,2 million de FCFA dans certaines situations.
À ces frais s'ajoutent le transport, l'hébergement éventuel et les pertes de revenus, particulièrement pour les femmes vivant loin des structures spécialisées.
Cette accumulation de dépenses constitue un obstacle majeur pour les familles modestes et peut entraîner des retards dans le diagnostic ou l'interruption des traitements.
Des spécialistes plaident pour une prise en charge élargie
Face à ces difficultés, les professionnels de santé appellent à renforcer l'accompagnement financier des femmes atteintes du cancer du sein.
Le docteur Salif Baldé propose notamment une meilleure prise en charge des examens diagnostiques, évoquant la possibilité d'une subvention publique couvrant jusqu'à 80 % de certaines dépenses.
Les spécialistes rappellent également l'importance du dépistage précoce, qui permet d'identifier la maladie plus rapidement et d'améliorer les possibilités de traitement.
La gratuité de la chimiothérapie constitue un progrès, mais elle ne suffit pas à garantir l'accès aux soins. Pour les patientes, l'enjeu reste de pouvoir financer l'ensemble du parcours médical, depuis le diagnostic jusqu'au suivi thérapeutique. Une meilleure prise en charge des examens et des dépenses associées pourrait permettre à davantage de femmes de se soigner sans être contraintes de choisir entre leur santé et leurs moyens financiers.
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Source : Témoignages et analyses des docteurs Salif Baldé et Fallou Sall sur le coût de la prise en charge du cancer du sein au Sénégal.







